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EXTRAIT INÉDIT DE MON ROMAN "DEMAIN M'APPARTIENDRA"


Je n’avais donc pas tué ce petit garçon vivant en moi comme tant d’autres le font. Je l’ai laissé vivre, aimé le ressentir en moi, tenté de nouvelles expérimentations à travers son regard si plein de candeur.

Je dus faire avec moi-même. Et m’amuser de tout fut à mon avis l’un des facteurs de l’acceptation de mon être. Malgré les exigences que je pouvais avoir. Malgré les remontrances que je pouvais me faire. L’audace de ce petit être en imposait et mine de rien me séduisait d’expérience en expérience, de découverte en découverte. Il me donnait goût à la vie, m’invitait à contempler le monde, à aller vers les gens déjà durant ma plus tendre enfance. À peine sus-je marcher que je me sauvai pour découvrir mon environnement. Ils me cherchèrent durant plus de deux heures avant de me retrouver. C’est dire si j’étais précoce.

Plus j’avançais en âge, plus j’admirais et appréciais ma compagnie. Je n’étais que rarement déçu et m’employais à me bonifier. Cela m’était facile. Devant mes yeux se jouait tout ce que je ne voulais plus revivre, tout ce que je n’aspirais pas à devenir. J’en fis mine de rien un contre-emploi qui me sied encore aujourd’hui. Lorsque j’étais déçu par ces deux adultes, j’allais vers le seul être qui me semblait équilibré alentour : moi. Moi et mon imaginaire infini. Lorsque je me voyais chagriné par les copains, je me tournais vers le seul être qui serait toujours loyal envers moi. Tout cela bien avant Karl, bien sûr...


Je compris très vite que mon être était une entité sur laquelle il fallait compter. De laquelle je pouvais m’inspirer. Avec laquelle je me sentais vraiment bien, peu importe que mes désirs se portent vers les garçons plus que vers les filles. Ce détail n’avait pas la moindre importance. Le seul détail qui comptait était de pouvoir aimer un jour.

* * *

Il est difficile de mettre son être au bord de la falaise, de le laisser flotter dans des océans tourmentés sans éprouver de terreur, de l’envoyer gambader sous la foudre et les vents violents d’une existence qui se veut moins rose qu’on nous le fait croire. Mais lorsqu’on y arrive, lorsqu’on prend par la main ce petit être que nous sommes et que l’on parvient à l’accompagner jusqu’au bord de ce précipice sans faillir, une force incommensurable et indescriptible nous envahit. Nous comprenons que ce petit être sera notre meilleur ami, notre compagnon de vie le plus sûr, notre incontournable allié, le seul sur qui vraiment compter si par malheur on glissait dans le vide. Celui par qui tout peut arriver. Un être vivant, flamboyant, empli de joliesse malgré ses complexes et ses doutes, ses blessures et ses désillusions. Malgré sa, ou plutôt ses « différences ».

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